
Philippe Einari Tapissier a vécu son enfance en Finlande où la nature s’étend à perte de vue et s’imprègne dans l’être de manière indélébile. Il réalise un jour, debout dans sa prairie finlandaise, qu’il ne parviendrait jamais à inclure tout ce qui l’entoure dans une seule photographie. «J’ai longtemps cherché à faire rentrer tout de l’entier du monde, son essence et sa représentation, dans mes images. Ça ne rentrait pas dans le cadre, il y avait trop de monde. »
Une intuition l’amène à déconstruire le paysage en fragments pour ensuite le reconstruire. Il procède par accumulation, juxtaposition et superposition d’instantanés, recréant ainsi la perception qu’il avait des paysages photographiés, entre réalité, mémoire, et onirisme.
Par un jeu d’assemblage et de stratification, l’image devient alors matière, elle est palpable, présente en de multiples plans dans l’espace. La coexistence de ces formes précisément composées et des paysages intemporels confère une force brute à l’ensemble et touche à l’universel. Le spectateur peut alors se laisser porter et emporter, sentir son esprit vagabonder et s’échapper dans son propre paysage issu de l’image.